1° Février 2008

J’allais, je m’en souviens, le pas léger sur l’asphalte rôti, le long des vignes rouges, ruisselant d’un soleil égorgé. A quoi pensais-je alors le nez sur ce goudron dont je dévorais l’odeur à chacun de mes pas ? J’allais sans rien entendre du bruissement frénétique de la vie, cachée dessous la feuille. Sans rien voir de cette route qui semblait s’éteindre à l’horizon dans des tremblements d’air recuit. Sans rien sentir de lourd, ni d’agréable, ma tête alors était vide de moi, j’étais la vigne regagnant le village un après-midi de Juillet 74.

J’allais, Amelieta, je m’en rappelle, rejoindre cette vieille dame drapée de noir qui je le savais m’attendrait au fond de la ruelle. Ombre taciturne adossée au blanc incandescent du mur crépi, dont j’ai depuis perdu les traits. Etrangère à ses mots, elle m’aura appris le sourire du regard et la chaleur caressante du geste bienveillant qui disent par delà le verbe. Abuela. Epouse de puisatier, chercheur d’eau trouant le ventre chaud de votre terre pour en extraire l’or. Mère de mon père.

 

 

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