2 Novembre 2008

Corps d’automne. Exsangue dans la pâleur du matin. Dimanche kaléidoscope en ouate de noir et de blanc fébrile puant l’éther et l’alcool d’hier. Lever en hâte, à peine le yeux ouverts sur le coma de sa nuit. Surtout ne pas laisser les pensées investir son crâne encore endolori par les images d’hier. L’entrevue aura duré une heure. Comme il passe vite ce temps quand il n’est plus à perdre! Une fois encore elle s’en voudra d’avoir dit. Avoir cru, l’espace de quelques minutes, aider en parlant de sa propre approche de la mort, de l’expérience qu’elle en a eu. Mettre misérablement des mots sur l’horreur de la sentence, la formuler, ne soulève pas le voile mais bien les coeurs. Chercher à étouffer sa peur de n’être bientôt plus, avec celle, mille fois plus redoutable, d’être encore là, maintenant, ici. La fin du monde. Le nôtre. Déjà altéré par les assauts de l’Innommable , c’est l’être tout entier en sa demeure chancelante qui hurle sa douleur, refuse qu’elle le dévore. Chaque pensée, chaque geste, parole ou silence, devenus, pitoyables frétillements de l’existence, affront, injure. Vivre encore l’invivable, laisser glisser les heures.Oui. Et puis ?

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