4 Novembre 2009

J’ai toujours été surprise de constater combien les hommes, dont toi Reda que je viens de lire au travers de tes poèmes, mettaient de retenue, de douceur caressante, de chaleur bienveillante, de pudeur, allais-je dire, dans leurs mots pour dire toute la « violence » du plaisir charnel qui n’a lui au final de touchant que cet étrange et fugitif mélange de fluides. L’amour physique est sans issue disait Gainsbourg. Il n’est pas partage mais abandon au sens le moins glorieux du terme, reddition face à l’appétit de possession qui nous anime tous et toutes. Je pleure très souvent de toujours survivre à la petite mort, comme cette idiote qui une fois mise sur le dos, le canon sur la tempe, réalise que le barillet est vide.

La femme que je suis, comme toutes les autres femmes, aurait été bien plus crûment expressive. Se souciant moins de la vigueur du mot que de la dureté du geste, elle aurait su déjouer par le tranchant du verbe la damnation de Messaline au ventre gonflé de désir avorté. Non pas par la morale, ni les conventions, ni par goût de l’interdit ou de la transgression, mais par cet indéracinable instinct maternel qui fait de vous leurs enfants en puissance et entretient la représentation lisse, sans rugosités ni pulsions, hormis celle de donner la vie et veiller à ce qu’elle demeure en mouvement.

Couver l’homme et l’enfant : C’est là bien la seule vocation de nos ventres.

 

Laisser un commentaire