6 Juin 2008

Clara aurait voulu ne pas avoir à choisir. De choix il n’y eut donc pas. Elle aura préféré que l’Un ou L’Autre, en lui arrachant la moitié du coeur, renonce pour elle à la douleur d’aimer. Puisque cette femme aima pour Deux. D’un seul et même élan désespéré, d’une seule et même tendresse. Identique, pareil abandon tantalien dont elle savait que l’issue la libérerait et d’un insoutenable bonheur et de l’inconcevable plaisir d’être de part et d’autre dévorée. Aussi distinctement qu’elle sut séparer la nuit du jour, tout ce temps il lui fallut rester vigilente pour ne blesser pas. Que cette nuit qu’elle adore ne devienne ténèbres, que ce jour palpitant sous la paupière ne s’éteigne. Qu’enfin d’offense il n’y ait point. Et que de cette femme haïssable de ses semblables parce que portant les stigmates d’un amour affranchi de toute exclusivité, puisse sans honte bue, sans pour autant trahir, dire  » C’est ainsi je vous aime et c’est mon seul chagrin « .

Laisser un commentaire