8 Décembre 2007

Je n’ai jamais cru, même au plus fort de ma relation amoureuse avec celui que je nommerai mon « Compagnon de route », conventionnellement appelé époux,que deux êtres puissent éternellement et de manière quasi magique,vivre en osmose permanente.Aimer n’est pas, non, regarder dans la même direction. C’est poser son regard sur un être et s’en trouver touché au point de ne plus voir que lui. C’est s’oublier.Oublier notre faillite intime, notre incapacité à nous satisfaire de nous-même. Prendre plaisir dans l’abstraction de soi. Un renoncement libérateur où l’on met tout son être à la disposition de l’autre avec l’espoir secret qu’il daigne se l’approprier, presque par compassion. Mais ce renoncement-là, tôt ou tard, revêt de bien tristes oripeaux, lui qui tantôt nous soulageait de notre impuissance à n’exister qu’au travers de lui  prend inéluctablement visage de résignation. De suicide quotidien, de douleur contre laquelle il n’existe aucune alternative que la fuite.La désincarcération comme ultime recours, quasi instinctif, avant l’inévitable déchirement,implosion puis anéantissement de sa propre identité.

Laisser un commentaire