8 Février 2008

22 décembre, 2016

Et je vis ainsi combien la nature humaine pouvait dans son polymorphisme renfermer de perversion larvée, de malveillance habilement dissimulée et de morbidité. Je le vis, comme cet insecte voit encore un millième de seconde avant l’impact la lumière du phare avant. C’est, je l’ai appris ma longanimité, qui m’aura fait tort. Et cette inlassable quête de mon prochain que j’eu tant aimé appeler, non pas mon semblable, mais mon Ainé. Etrange voyage que ces trois années de gestation,  pour à l’issue voir l’éléphant accoucher d’une souris. Cheminement, à terrain découvert parmi une armée d’ombres, utile. Non. Ridiculement dérisoire.

Et je me vis, gros poupon affamé de connaissance, conviée au banquet de l’humain cannibale qu’Aolhermès offre généreusement à tous les égarés de la toile d’araignée. Je me vis lire le mensonge, la parole corrompue derrière les mots de bien des convives. Souvent j’ai vu Pandore sous le masque, et le masque derrière le masque, et le masque du masque derrière son masque.

Moi, NGC 6853 cherchant Luciole7756897, qui malgré moi, par ma présence encore en ces lieux, grossit la nébuleuse.

 

 

8 Janvier 2008

22 décembre, 2016

Qui êtes vous donc Monsieur pour mettre tant d’acharnement à vouloir écrire son histoire ? Tant d’années passées en vase clos ont fini d’apporter la confusion la plus sombre.La dilution quasi irréversible de ces liens affectifs primitifs et si nobles pourtant…Mais sous la cloche, l’air finit par se vicier et l’on étouffe et l’on cherche désespérément à respirer quand bien même fallut-il pour cela prendre la dernière bouffée. Celle qui ne vous appartient pas.

Celle dont un jour vous vous êtes épris sans pourtant la connaitre jamais, vous aurait-elle autant touché si elle avait délibérément satisfait à vos projections ? Aurions-nous déjà pu parler d’emprise ?

 Je te suis attaché, deviens qui tu es et dans ce devenir je t’aimerai.

 Ne l’auriez-vous pas à l’origine nourri de vos propres fantômes ce cocon qui l’a menée imperceptiblement mais de manière sure au mutisme le plus complet. Le silence en guise de réponse à vos intrusions que vous aimeriez sans doute maitriser. En vain. Le Nous doit parler dites-vous et en son nom on ne peut qu’entendre hurler le Je, au mépris du Elle, de son identité,de ses convictions les plus chères… certes mais par l’amour motivé… Ce Je qui ne saurait tolerer aucun pan qui ne soit pas accessible, que vous ne puissiez comprendre pour vous l’approprier.

On ne possède rien qui ne vous possède à son tour.

 

8 Mai 2008

22 décembre, 2016

Chère amie, je te relis ce soir et je prends une nouvelle fois conscience de ce qui nous rapproche. L’inaptitude au bonheur, le refus de se savoir apaisée, ne serait-ce qu’une heure durant, et ce doux déclin qui nous amène à la pénombre, au repli bienfaisant, à la retraite programmée. Seule, c’est ainsi que je me sais le mieux n’être pas une étrangère à moi-même. Ne jamais se trahir, ne pas se compromettre même par amour. Je réécoutais Venus in fur, la symbolique de la femme maitresse me parle tant. Combien sont-ils à aduler l’intolérable délicatesse de l’âme qui consiste à se soumettre et à en tirer quelque plaisir, quelque soulagement pour le moins ? Leurs désirs donnent corps à des fantasmes d’abandon comme les nôtres traduisent des velléités de conquérantes. Triste moisson. Notre Mère qui êtes aux cieux, que votre nom soit porté par delà le bruit des hommes et l’écho de leurs enfants.  

10 Décembre 2009

22 décembre, 2016

Il était une fois, dans la lointaine contrée d’Aloelle, dans un petit bourg appelé Fileau, une femme qui de par un comportement fort singulier se distinguait des autres sujets.

Certains parlaient d’elle la bouche emplie d’éloges, citant et sa bravoure durant les joutes qui agrémentaient chaque soir le banquet du village et son indéfectible sincérité. Ceux-là voyaient en elle l’intégrité prise pour cible de quelques malveillants.

D’autres rapportaient, la voix teintée d’un curieux mélange d’effroi et de dégoût, que cette femme avait pour démoniaque dessein d’enfermer l’âme des habitants dans une immense armoire à notes, qu’elle aimait par ailleurs offrir à la vue du visiteur coutumier ou occasionnel mais toujours étonné par tant d’opiniâtreté dans la pratique du rangement.

Il y avait là des boites de toutes tailles qu’elle étiquetait méthodiquement, la couleur variant selon l’humeur du moment. Les «  petites vertus », «  les maniaco-dépressifs », «  les errants », « les dévoreuses d’hommes », « les amoureuses éconduites », «  les croqueurs de pauvres pommes », «  les chevaliers écolo », «  les vierges passées sous les fourches de l’outrage », de tous âges et de tous horizons.

Et puis derrière cette nuée de boites, une toute petite, cachée dans le double fond, que la honte et l’ignorance lui interdisaient de montrer sur laquelle on lisait griffonné le mot Conscience.

 Cette femme avait de sa demeure bannit tous les miroirs, et quand assoiffée elle allait au puits, et regardait jalousement les autres s’abreuver d’eau claire, son seau à elle ne remontait que boue.

10 Janvier 2008

22 décembre, 2016

Je ne connais pas de plus puissant deshinibiteur qu’un écran de pc. Ses effets sont cent fois supérieurs à ceux de l’alcool, de la ganja, de la coke même. Si si ! Allons ne froncez pas les sourcils cher internaute qui plongez à me lire dans cette petite lucarne lumineuse d’à peine 30 centimètres sur 30. Extraordinaire miroir sans tain dans lequel il fait bon vous mirer sans vous soucier du regard de l’autre tout en ayant par ailleurs conscience que ce regard existe effectivement. Et c’est de cette contradiction, cette étrange conjugaison éloignement- promiscuité, que nait ce qui hors cadre dit « virtuel » serait tout bonnement inconcevable : l’occasion inespérée de pouvoir, sans plus aucun garde-fou socio-relationnel, sans la moindre censure psycho-éducationnelle, de verbaliser par le seul et unique vecteur de l’écrit.

 Le mot, ce que j’appelle moi la gestuelle du mot,parce qu’il nous dit autant qu’il nous montre, et ceci lorsqu’il n’existe plus de barrière ou de parasitage aucun, nous amène pour certains à se reconnaitre, pour d’autres à se retrouver, pour d’autres encore à se révéler.

Et ces mots que ce soit au travers du dialogue ou de la simple démarche discursive, une fois posés sur l’écran, exposés devrais-je dire, sont un filtre imparable à nos blocages. Du penthotal à portée de clavier.

Vous ignorez ce que vous êtes, relisez vous que diable !

 

17 Mai 2008

22 décembre, 2016

Je reviens sur une reflexion qui m’a ce matin interpellée. Interprétation pour le moins iconique du mode de fonctionnement de l’internaute-citoyen lambda. Cet espace de communication ne serait rien d’autre qu’un immense terrain de jeu où chacun disposerait dans une main de son compte de billes ( potins, rumeurs, confessions et révelations en tous genres… entendez dossiers à charge Monsieur le Juge ) et dans l’autre le script qui lui aurait été assigné. Et que par les grâces inespérées, quasi magiques, d’un modus vivendi habilement scénarisé – Orchestré par qui au fait ? – tout ce petit peuple de joyeux philanthropes oeuvreraient à servir de l’entertainment aux shamallophages enkystés que nous sommes. Je n’y crois pas une seule seconde. Sur World Wide Human Web, incroyable potentiel pour les tueurs en série que tous nous sommes, cour de récré désertée par les mômes, gracias a Dios, Valmont est un damné flamboyant et De Tourvel le machiavélisme fait femme. L’attraction la plus prisée: guillottine version ADSL, Messieurs Dames. Il faut que ça tombe ! Ici nous vivons nos amours I.P 195.42.237.9 et nos haines I.P 195.71.752.3 en prenant juste soin de vider d’un double click les paniers de leurs têtes tranchées.

20 décembre 2007

22 décembre, 2016

N’a d’yeux que pour les larmes Celle qui souffre par l’Autre et le porte en son coeur comme la croix le Christ. Doux leurre en sa triste Maison vidée d’elle, hantée par son nom. Damnation pour qui n’a de saison que celle d’aimer aimer l’Ombre .Cruelle, divine émotion, étreinte maudite, fébrile déraison. Le trouble, les sens écument sous le mot, le soufre.Souffle tiède, lèvres tendres, tendues, délicieuse brûlure de la caresse éteinte. Cet autre Moi. Mon autre peau.Ce doux tumulte qui ramène au silence fécond.Se taire, l’écouter, le suivre et s’emmurer vive. Vivante à nouveau.L’absence plante les clous des crucifiées.J’attends.J’ai froid.


21 Décembre 2007

22 décembre, 2016

Une fois encore la Pieuvre aveugle déploie sa tentaculaire offense. Vois comme elle dort lovée dans ton ventre! Elle a fait de ton ressentiment son nid, patiemment, égrainant la minute dite , l’heure tue et le jour assassiné. Elle attend que la raison trémulante faiblisse et ploie jusqu’à se diluer tout à fait . Que la brûlure, insidieusement, à l’ultime seconde suspendue, ramène à flot la Colère déchaînée, déchirante,dévastatrice,désespérée… L’objet se déforme, la parole se nécrose, le regard se vide, la main hurle. Incandescentes, dévorantes ténèbres, ton être tout entier avec le mien happé. Fuis mon amour! Ne laisse pas le fruit tombé pourrir en toi.

21 Janvier 2008

22 décembre, 2016

Cet homme l’aura donc dévorée dis-tu. Assurément oui ! Il lui aura donné et le souffle qui paralyse et l’asphyxie qui délivre, il lui aura donné et le silence qui porte les plus beaux chants et la parole qui anéantit. Il aura fait d’elle une déesse infertile et une merde éclaboussante de splendeur arrachée. Le sphinx aura étranglé au fond de quelque jardin secret la statue dans son siècle de marbre enfermée. Oui. Elle attendait Rodin au carrefour de la ligne, au travers de la courbe et sous la pierre encore tiède du dernier mot ciselée. Les ailes rognées oui, mais encore frénétiquement bouillonnantes de sang vif et du désir de battre encore, encore. Et dedans son ventre vacant, un reste de sable émouvant pour se mouvoir toujours.

22 Février 2008

22 décembre, 2016

L’homme est le seul animal; j’emploie ce terme à dessein pour n’avoir rencontré chez eux que bien peu d’humanité; capable de s’extasier de la pestilence de ses excréments tandis qu’il s’insurgera de l’odeur de ceux de son congénère. Cet étrange dégoût n’est pas tant le fait que cet Autre lui apparaisse indésirable. Bien au contraire. L’homme a besoin pour satisfaire à sa noirceur d’âme de conformation avec laquelle il puisse frayer. Ce semblable lui apporte l’objet de l’anathème qu’il lui serait impossible de se jeter à lui même. Il suffit pour exemple de s’abandonner à lire la pituite étalée sur telle ou telle page par ceux et celles que rien ne saurait faire taire. Ceux qui s’octroient le droit de se pincer le nez tout en se laissant aller aux plus basses dérives avec pour seul mobile la crotte de son homologue. Ceux-là exhortent, par leurs paroles dégradantes, au silence ou à la haine. Muchos enemigos, muchos honores. Sénèque disait qu’il n’est pas de vent favorable à qui ne sait où aller. Qu’en est-il de ces braves qui cheminent sans pour autant se voir portés ?

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